Retour sur un petit article que j’avais pondu pour le journal de mon ancien club en décembre 2010

  • La Perche, qu’est-ce que c’est ?

 

Le saut à la perche consiste à franchir sans la faire tomber une barre transversale après une course d’élan plus ou moins longue en fonction du niveau de l’athlète.

 

La réception se fait sur un tapis (généralement en mousse) qui est précédé d’un « butoir » permettant de planter la perche.

 

Le perchiste doit donc être capable d’acquérir la plus grande vitesse utilisable lors de sa course d’élan avec la perche ; de planter sa perche dans le butoir ; de transformer la vitesse horizontale de la course d’élan en vitesse verticale (la liaison course/impulsion) et enfin, d’esquiver la barre.

 

  • Historique de la perche …

 

Activité technique par excellence, la perche a vu son évolution suivre les évolutions technologiques. En effet, si au début du siècle dernier, on sautait avec des perche en bambou dans des bac à sables, on saute aujourd’hui avec des perches composées principalement de fibre de verre et de fibres de carbones sur des tapis en mousse, cela a permis notamment à un passage à une phase de renversement (lors du franchissement de la barre) complète qui était impossible avec une réception sur un bac à sable.

 

Au niveau des Jeux Olympiques, la perche masculine fut présente dès les premiers jeux (en 1896), en revanche, chez les dames, son apparition est récente puisqu’elle est seulement présente depuis les Jeux de Sydney en 2000.

 

  • La perche côté règlement

o       Aire de réception :

 

Selon la règle 183.12 de l’IAAF, « La zone de réception ne mesurera pas moins de 5m de longueur (avancées non incluses) x 5m de largeur. Les côtés de la zone de réception les plus proches du bac d’appel seront placés entre 10 et 15cm du bac et monteront en pente en s’éloignant du bac à un angle d’environ 45° (voir schéma) »

 

A noter que les poteaux peuvent être déplacé jusqu’à 80cm après la fin du butoir.

 

 

 

o       Butoir :

 

Le bac d’appel ou « butoir » est une sorte d’entonoir enfoncée dans la piste d’une longueur de 1m pour une largeur de 60cm à son départ se réduisant jusqu’à 15cm pour une profondeur maximale de 20cm. (shéma)

 

Le butoir peut être indifferement en bois ou en métal, toutefois, s’il est en bois, le fond devra être garni d’une feuille de métal de 2.5mm sur 80cm de long depuis la partie antérieure du bac (règle IAAF 183.8)

 

 

 

 

o       Piste d’élan :

 

La piste d’élan sera d’une longueur minimale 40m mais l’IAAF préconise une longueur de 45m, comme toutes les piste, elle devra être d’une largeur de 1m22, Toutefois pour les pistes construites avant Janvier 2004, une largueur de 1m25 est tolérée

 

  • La perche côté technique :

 

Beaucoup de chose à dire dans cette section, d’entrée, une rapide analyse des perchistes au niveau mondial montre deux style différents : le style « russe » et le style « français »

 

o       La prise en main :

 

L’image ci dessous (emprunté sur l’excellente page de l’équipe consacré à la perche) montre un perchiste droitier.

 

Dans ce cas, l’athlète mettra sa main droite comme sur la figure du côté de l’extrémité de la perche.

 

Lors de la prise de main, plus les mains seront écartés, plus la puissance au moment du decollage sera importante et la charge lors de la course alégée, en revanche, plus les mains seront proche et plus le perchiste aura de possibilité pendant la montée mais la perche lors de la course d’élan s’en trouvera alourdit.

 

C’est la base de la difference entre l’école française qui préconise un écart important et l’école russe qui, à l’inverse, préconise un espace relativement faible.

 

 

 

o       Le levier :

 

Le levier se définit comme le distance entre la base de la perche (l’embout) et la main la plus haute du perchiste (on le rappelle, la main droite pour le droitier).

 

C’est le levier qui permettra en grande partie de sauter haut, en effet, plus la perche est prise haut, plus on se retrouvera haut au moment de lâcher la perche et d’éviter la barre.
Techniquement, plus le levier est important, plus l’athlète aura la sensation que sa perche sera lourde (et donc éprouvera des difficultés lors de la course d’élan).

 

o       Le présenté/piqué :

 

Cette phase est l’une des phases clef d’un bon saut à la perche, elle consiste à transformer la vitesse horizontale de la course d’élan en vitesse verticale pour décoller au dessus de la barre.

 

La difficulté consiste à amorcer cette action de présenter la perche dans le butoir au moment opportun permettant de transformer un maximum d’énergie pour monter ; c’est à ce moment là que le perchiste va déformer la perche pour se faire catapulter.

 

o       Le renversé et le retournement :

 

Dernière phrase de notre rapide analyse, le renversé et le retournement qu’on appelle parfois « temps de perche » : cela définit toute la phrase entre le décollage amorcé par le présenté et l’atterrissage, si tout va bien de l’autre côte de la barre. Cette phrase se réduit donc à « éviter » la barre.

 

A bon niveau (lorsque la perchiste saute plus haut que son levier), il s’agit de groupé les genoux (figure 1 à 4 en dessous) pour se retrouver la tête en bas et les pieds en l’air (figure 5) : c’est le renversement.

 

Les figures 6 à 8 representent le « retournement » : l’objectif de cette phrase est de franchir la barre ; pour cela, le perchiste va devoir étendre ses jambes et l’ensemble de son corps avant de terminer par une poussée du bras supérieur (donc le droit pour un droitier) afin d’aller enrouler la barre

 

 

 

  • Et les chiffres dans tout ça ?

 

Discipline technique par excellence, la perche brille par l’instabilité des résultats et la difficulté à prédire le vainqueurs de chaque compétition.

 

Le record du monde est détenu par l’Ukrainien Sergeï BUBKA (photo) qui avec 6m15 en salle et 6m14 en extérieur a amené la perche au sommet en 1993. Chez les femmes, Si la pionère de la discipline fut l’américaine Stacy DRAGILA (première championne olympique), les compétitions sont dominées par la russe Elena ISINBAYEVA qui est à l’heure actuelle la seule femme à avoir dépassé les 5m avec un record du monde datant de 2009 à Zurich placé à 5m06 (pour comparaison, sa dauphine, l’américaine Jennifer STUCZYNSKI est à 14cm avec 4m92).

 

Du côté français, l’école française a accouché de maintes champion (on citera entre autres Jean GALFIONE champion olympique à Atlanta 96 ou Pierre Quinon champion olympique en 1984 et détenteur du record du monde en 1983, 5m82 à l’époque) mais plus recement, on retiendra Romain MESNIL (double vice champion du monde avec un record à 5m95) ainsi que le nouveau recordman de France Renaud LAVILLENIE dont le record à 6m01 se place dans la liste des hommes à plus de 6m. Pour l’anecdote, lors des derniers championnat du Monde, les français eurent trois finaliste avec Mesnil 2e, Lavillenie 3e et Dossevi 6e.

 

Chez les femmes, le record de France est détenue par Vanessa BOSLAK avec 4m70 réalisé en 2006 et 2007.