image

Quand on lis les statut de l’IAAF (qui propose les minimas olympiques au CIO), on est tenté de se dire que non, les minimas sont égaux entre les disciplines de l’athlétisme puisque l’IAAF a mit dans ses objectifs l’égalité entre les disciplines.

Pourtant quand on regarde un championnat (olympique ou pas) à la télé, une chose semble sauter au yeux : il y a plus de participants dans certaines épreuves que dans d’autres.

Alors est-ce lié aux minimas ? Ou tout simplement que personne ne veut faire ces épreuves ?

Athled a mené l’enquête !

Avant toute chose, il est important que noter que notre article se base sur les minimas IAAF/CIO, nous n’avons pas voulu pousser le vice à analyser les minimas franco-français (mais il n’est pas impossible que nous y consacrions un article)

Voici donc les minimas demandés par l’IAAF en 2015 pour participer aux Jeux Olympiques

image

Ils ont depuis été corrigé sur certaines épreuves et aujourd’hui, cela donne cela :

image

(pour ceux qui veulent aller plus dans le détails, vous trouverez tous les minimas ici)

L’an dernier, Sergei Bubka alors vice-président de l’IAAF déclarait “Toutes les disciplines de l’athlétisme doivent être traité de la même façon”

Pour notre étude, nous nous sommes basés sur le bilan fin 2015 (le 2e tableau ci dessus) et sur les bilans 2015 publiés sur le site de l’IAAF en les limitant à 3 athlètes par pays

Cela nous donne 1552 athlètes qualifiables dont 802 hommes pour 750 femmes

Le nombre d’épreuves n’étant pas le même chez les hommes et chez les femmes, cela nous donne finalement en moyenne 38,2 Homme contre 37,5 femmes (un chiffre relativement identique)

On est donc globalement équitable en terme de parité

Penchons nous maintenant sur une analyse par épreuve

Différence de traitement de l’IAAF

Avant de commencer une analyse plus poussée, il est important de noter que dans le document de l’IAAF, il y a des objectifs de participants différents selon les épreuves (donc de fait une inégalité sur les minimas)

Ainsi, l’IAAF vise :

– 56 athlètes sur 100m et 200m

– 48 athlètes sur 400m et 800m

– 45 athlètes sur Steeple et 1500m

– 40 athlètes sur les haies

– 32 athlètes sur les concours et épreuves combinées

C’est à dire que sur ces épreuves (et uniquement celles là),l’IAAF prevoit d’inviter les athlètes qui n’aurait par réalisé les “minimas” mais qui serait dans les premiers du bilan

Constat par groupe d’épreuve

Pour cette partie de notre analyse, nous avons regroupés les épreuves de la façon suivantes :

– Sprint : épreuves du 100m, 200m et 400m

– Demi-Fond : épreuves du 800m et du 1500m

– Fond : épreuves du 3000m steeple, du 5000m et du 10000m

– Haies : épreuves du 100m haies dames, 110m haies hommes et 400m haies

– Marche : épreuves du 50km marche homme et 20km marche

– Sauts : épreuves du saut en longueur, saut en hauteur, triple saut et saut en hauteur

– Lancers : épreuves du lancer de javelot, lancer de disque, lancer de marteau et lancer de poids

– Combinés : épreuves du décathlon homme et de l’heptathlon femme

Lorsqu’on analyse rapidement, on voit immédiatement, une sur-représentation des épreuves de courses (et marche) par rapport au concours

Sur la base des minimas actuels, on obtient le nombre de qualifiables suivant :

image

Il y a donc 1,5 fois plus de coureurs qualifiables que d’adepte des concours

Constat par épreuve

Si on refait le même constat par épreuve, on obtient le tableau suivant :

image

Encore une fois, on constate d’énormes disparité, il est 2,5 fois plus “facile“ de sa qualifier au 200m qu’au marteau par exemple (et même 3,2 fois plus “facile” si on est un homme)

Pourquoi de tel écart ?

Une partie de la réponse se trouve déjà dans la document qui servit à créer les minimas, en effet, si on vise 56 coureurs de 100m contre 40 sauteur en longueur par exemple, il est normal de trouver un écart dans les minimas entre ces deux épreuves pourtant, cela n’explique pas la totalité de l’écart.*

En effet, si on reste sur notre exemple 100m Vs Longueur, il devrait être  1,4 fois plus facile de se qualifier sur 100m qu’à la longueur, hors, on a un ratio de 2

L’explication pourrait être sur la disparité des pratiques (il est effectivement plus facile de “former” un coureur de 100m qu’un sauteur en longueur)

Pourrait-on imaginer des minimas plus justes ?

Si on voulait traiter avec une pure égalité, les différentes épreuves, il serait facile d’appliquer une simple règle statistique : ainsi nous avons pondu des minimas  en prenant soit les 36 premiers du bilans disponibles ci dessous (en rouge les minimas durcit et en vert les minimas adoucit)

image
image

Mais ces minimas ne prennent pas en compte les objectifs affichés de l’IAAF par épreuve, nous avons donc imaginés ce que cela donnerai avec les objectifs IAAF soit entre 32 et 56 athlètes suivants les épreuves, cela donnerai cela :

image
image

Que peut-on en conclure ? 

Il est important avant de conclure de noter qu’à notre connaissance, l’IAAF pour la création des minimas se base sur non pas le bilan de l’année précédente mais sur le bilan de plusieurs années précédentes (il nous semble 2 mais il n’est pas impossible que cela soit 3)

Compte tenu de ce fait, on peut constater que :

– Si on veut traiter de façon rigoureusement identique les épreuves entre elle (donc le même nombre de qualifiés), il y a des écarts très important entre les disciplines

– Si par contre, on se fit sur les objectifs en terme de participation de l’IAAF, les minimas semblent juste (ormis la marche qui semble être un cas particulier, on aurait d’ailleurs probablement eut les mêmes écart sur le marathon)

Quand nous avons lancé cette étude, nous étions persuadé que nous aurions des résultats qui prouverait une inégalité de traitement, force est de constater que ce n’est pas le cas

Le point plus : Et qu’en est-il de la France ? 

En France, la politique de la FFA en ce qui concerne les minimas est plus simple : l’objectif est de prendre tous les “demi-finalistes” (dixit la fédé) soit les athlètes qui serait dans 16 premiers (toujours à 3 par épreuve) : alors, cette règle est elle respectée ?  (toujours pareil sur notre schéma : rouge veut dire que les minimas devrait être durcît, vert qu’ils devraient être adoucît)

image
image

Cette fois-ci aussi, les résultats sont très surprenants : la France est connu pour ces minimas très exigeant mais en analysant les minimas annoncé et le mode de calcul annoncé, il devraient être encore plus difficile si la FFA s’en tenait à 16 au bilan !

Encore une fois, cette étude prouve qu’on peut faire dire aux chiffres ce que l’on veut

image